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 Un moment de répit ou... pas...

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MessageSujet: Un moment de répit ou... pas...   Jeu 24 Jan - 19:28

Une légère brise venait caresser mes joues, contracter mon épiderme et faisait virevolter doucement mes cheveux. Le soleil n'allait pas tarder à laisser sa place dominante dans le ciel à la lune, d'ici sûrement une heure, ou deux. L'air était frais, la température ambiante supportable, quoi que descendant rapidement, et le paysage qu'offrait le début du coucher de soleil magnifique.

Cependant, c'était un oeil morne qui observait ce spectacle.

Le mien.

J'étais debout, les bras croisés, devant le cours d'eau qui émanait du Lac Hylia, traversant le domaine Zoras, et allant jusqu'au Château d'Hyrule, se trouvant à quelques kilomètres de ma positon.
Djiark, mon fidèle destrier, s'abreuvait justement à cette rivière et profitait de cet instant de répit pour reposer ses muscles certainement endoloris.

Moi, j'étais perdue dans mes pensées. J'imaginais les litres de sang versés sur la plaine d'Hyrule, qui contrastaient incroyablement avec son éclat verdoyant d'aujourd'hui. Les guerres précédentes, mais oubliés de la mémoire de la plupart, avaient jadis ravagé le paysage. Mais tout cela était terré dans l'oubli, suite aux années de paix qu'avait connues le Royaume. Plus grand monde ne ressassait ce passé sanglant, hormis ses victimes. Comme les Sheikas, race quasiment éteinte par les batailles, pour le nom de la souveraineté hylienne.

Et les Gerudos. Egalement.

Je sortis dans un soupir la lame de mon sabre de son fourreau, et entrepris d'aller la nettoyer au cours d'eau. Du sang encore frais de ce matin l'avait salie. Il fallait que je la nettoie assez rapidement, autrement le sang se séchait et le fer qu'il contenait finissait par devenir un agent corrosif. Ayant pour conséquence une rouille précoce, et un tranchant moindre, au fil du temps.

Ce fut pourquoi je m'accroupis sans autre près du courant, armée d'un petit carré de soie, et, mouillant le textile, je l'appliquai sur mon arme dans un silence total. Une légère teinte rosée vint perturber la transparence de l'eau, mais disparut rapidement, emportée par le courant.

Je me levai ensuite, essuyant le revers de la lame contre le pelage ambre de mon cheval. Celui-ci terminait de boire et émit un gémissement au contact froid du métal, avant de taper nerveusement son sabot contre le son. Je lui fis un "pscht" autoritaire, auquel il répondit par un soufflement rauque.

Je rangeai ma lame dans son fourreau alors que je reportais mon regard en direction du château, dont les soldats n'allaient pas tarder à allumer les lampes extérieures, et lever le pont coulissant.

Désormais, ma tâche serait de trouver un endroit sûr pour la nuit. Et la citée d'Hyrule ne faisait guère partie de mon choix de logis. Pas pour le moment, en tous les cas. Je préférais vivre sauvagement encore un petit temps, ne me sentant mentalement pas prête à affronter personnellement tous ces Hyliens oisifs et ignares. Je savais que le risque de commettre un acte déplacé et d'attirer l'attention des autorités était encore trop grand, puisque j'étais encore trop impatiente et impulsive pour me fondre dans cette masse à oreilles pointues.

Alors, il me fallait dormir à la belle étoile.

Ce fut dans l'idée de trouver un endroit que je m'apprêtai à remonter sur mon cheval.

Mais, alors que mes mains étaient posées sur lui, prêtes à me donner l'appui suffisant pour me hisser à son dos, je perçus une présence. Je n'aurais su dire si elle venait de derrière moi, devant, dissimulée par Djiark, ou dans le cours d'eau. Mais quelqu'un était proche... c'était certain...
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Élu des Déesses
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Élu des Déesses
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MessageSujet: Re: Un moment de répit ou... pas...   Mer 30 Jan - 23:12

Patience.

Tel était mon crédo.

*Patiente et volonté.*

Une patiente permettant de supporter bien des situations autrement insupportables. Tant de faux-semblants, de mensonges, de manipulations, de tromperies, pièce après pièce les éléments se mettaient en place telles les entrailles d’un mécanisme d’horlogerie. Peu à peu la roue du destin faisait sa ronde, et peu à peu le monde prenait le chemin que je lui dictais. Aux prix d’efforts de de performances continus mes rêves deviendraient bientôt réalité.

*Bientôt oui, mais pas encore. Non pas encore.*

Ce fut sur cette pensée qu’après une réunion militaire aussi artificielle que vaine je quittais la compagnie oisive et écœurante de ceux qui désormais m’appelaient camarade.

*Camarade…*

Que pouvais bien vouloir dire ce mot dans leur bouche ? En quoi étions-nous camarade ? Que pouvaient-ils bien croire savoir de moi qui nous aurais rapprochés ? Tout n’était que mensonge et apparence, car il devait en être ainsi.

*Le monde n’est pas prêt pour moi. Pas encore.*

Oui les masques devaient encore être portés, lentement, prudemment le jeu se mettait en place. Après une période de paix aussi longue qu’affaiblissante, enfin la force dirigerait le monde.

*Pour nous les maudits, nous les brûlés, nous les parias. Pour tous ceux qui rejettent ce compromis, pour tous ceux souhaitant un monde d’ordre et de discipline, pour eux le fer sera brandit, pour eux le sang coulera, et alors des océans pourpres noieront nos ennemis.*

Depuis trop longtemps nous attendions dans les ombres, depuis trop longtemps le monde pensait nous avoir oubliés, nous reléguant au rang de légendes, de superstitions, de simples mauvais rêves. Bientôt le temps viendra de nous rappeler à eux, bientôt le temps viendra de les réveiller en sursaut, de les saisir à la gorge pour savourer la peur qui s'inscrira sur leurs visages, la terreur la plus pure alors qu’ils réaliseront impuissant l’ampleur de ma duperie, une duperie qui régnera bientôt sur la création.

*Oui bientôt. Mais pas encore.*

Si la machine était à présent en marche, il me manquait encore quelque chose pour pouvoir recouvrir ces terres de ténèbres, une chose qui fut cachée à l’aube des temps par les dieux eux-mêmes. Depuis quand la recherchais-je ? Combien d’années, combien de décennies avais-je passé à parcourir les légendes et les secrets des peuples de ce monde ? Feuilletant, lisant, écoutant, cherchant comme un forcené la moindre trace, la moindre piste qui m’y conduirait. Tant de temps passé à la chercher pour finalement la trouver ici, dans cette ville peuplée de parasites paresseux, quelle ironie.

S’en suivirent alors les fausses promesses, les faux semblant, l’âge du mensonge avait commencé pour moi et avec lui la promesse d’un pouvoir dépassant l’entendement, un pouvoir sans égal.

*Bientôt. Très bientôt, le temps de la récolte viendra.*

Quittant alors le palais royal sans me retourner, les heures de réunions oh combien symbolique que je venais de subir réclamaient une escapade à cheval dans les plaines bordant Hyurle. Une sortie hors des murs de la cité pour m’isoler de ces vieillards ignorants.

Trop d’années de paix les avaient rendus faibles, décadents. Avec une armée derrière moi, la prise de cette pitoyable citée n’aurait pas pris plus de deux jours. Hélas je ne disposais pas encore de forces suffisamment puissantes pour pouvoir conquérir le monde en une seule frappe, et seul un fou ou un sot faisait d’un monde entier son ennemi à moins d’avoir la puissance nécessaire pour le vaincre. Cette force, il me la fallait, cette force, je l’obtiendrais.

« Seigneur Dragmire ? Où allez-vous ? »

La voix amicale et oh combien détestable du conseiller Teron porta jusqu’à mes oreilles, me stoppant net dans ma course vers la liberté.

Me retournant alors pour le découvrir à quelques mètres dans mon dos, souriant comme le dernier des idiots et comme toujours entourés de sa bande de flagorneurs, ce fut encore et toujours la même sensation de dégoûts qui me retourna les entrailles à la vision de son visage gonflé et bouffis.

*Il pue, il pue tellement.*

Oui cet homme puait, pas au sens où le commun des mortels l’aurait sentis, il dégageait d’ailleurs un parfum bon marché à base de fleur et d’huile animale. Non, il puait autre chose, quelque chose d’insupportable à mes sens.

« Vous ne voulez pas nous accompagner ? »

Comme je pouvais rêver du jour où de mes mains j’appliquerais une forte tension sur son cou grassouillet, serrant encore et encore jusqu’à ce que ses petits os se brisent.

Pourtant, cette fois comme toutes les précédentes, ce fut avec un sourire fatigué que je répondis au sien.

« Conseiller Teron, toutes mes excuses je dois décliner votre offre, toutes ces préparations m’ont données une grande envie d’évasion.

Vous voulez dire de galopade échevelé ? Voyons seigneur Dragmire, de telles manières ne siéent pas à un homme de votre rang, vous êtes conseillers du roi, et pas un vulgaire maraudeur. »


Remarqua-t-il mes poings se serrer un peu plus à chaque secondes que je passais en sa détestable compagnie ? Savait-il qu’un battement de cœur me serrait plus que suffisant pour les réduire en poussière lui et sa cohorte de hyènes ricanantes ?

« Ça doit etre le sang Gerudo qui coule dans mes veines, je ne puis résister à son appel. Il est sans doute vain de lutter contre sa nature n’est-ce pas ?

Ne vous insultez pas de la sorte mon bon ami, vous n’avez rien de commun avec la plupart d'entre eux. Vous n’avez rien d’un voleur ou d’un assassin, mais en effet certaines de vos habitudes sont à revoir. Peut être le temps vous en guérira. Enfin, si jamais vous changez d’avis, retrouvez nous donc à la bonne fourchette.

Je n’y manquerais pas. Messieurs, je vous souhaite à tous un excellent appétit. »


*Puissiez-vous vous étouffer dans votre crasse.*

D’un bruissement de cape, je quittais alors les abords du palais pour me diriger d’un pas pressé vers les écuries où m’attendait mon destrier.

Fier et silencieux, le port altier et l'allure noble, le vent noir du désert sembla comme reprendre vie à mon approche, tout comme il semblait lui aussi impatient de quitter les murs de sa prison.

« Je sais, je sais. »

Flattant l’encolure du seigneur des chevaux gerudo, j’attrapais fermement sa bride pour l’entraîner dehors, vers la plaine, vers la liberté.

« Bonne chevauchée seigneur Dragmire ! »

Les mots du gardes ne m’atteignirent même pas alors qu’à grand galop je franchissais les portes de la citée. Enfin l’air libre, l’immense plaine, un coursier sans pareil et le vent dans les cheveux. Enfin la brise du soir caressait mon visage de sa fraîcheur, un visage trop habitué aux vents impitoyables et secs du désert.

*En chaque homme souffle cette brise, et bientôt elle deviendra tempête, une tempête qui emportera les faibles et les parvenus.*

« Court Barad-Dûr, court, ici rien ne nous retient. Montre-moi ce que célérité veut dire. »

Prenant ma demande pour un défi lancé à son rang de seigneur des chevaux du désert, mon étalon noir s’élança tel le vent dans l’espace sauvage qui s’offrait à lui. Nos nombreux allés et retours en ces lieux nous avait rendu familier et fin connaisseur de ce décor, aussi nous y connaissions chaque cailloux, chaque creux, chaque bosse, ici Barad-Dûr semblait pouvoir s’envoler.

Bondissant au-dessus des cours d’eau, écrasant buissons et arbustes, filant comme le vent, notre voyage s’accompagnait du tonnerre que produisaient chacune de ses enjambées.

Ainsi, à vive allure, au grand galop, nous parcourions encore une fois la plaine d’Hyrule, évacuant par là-même la rage et le stress qu’une vie de complot et de combat générait.

Jusqu’au moment où par hasard ou par signe du destin, je découvris aux bords d’un cours d’eau s’en allant vers la cité une jeune fille et son cheval. Tirant la bride de mon étalon qui hennit à cette initiative, j’observais un moment cette fille nettoyant son épée au clair de l’eau, ses oreilles et son teint ne laissait que peu de doute quant à ses origines, mais je préférais m’en assurer d’un examen plus poussé.

*Que ferait une gerudo seule et si loin de la forteresse ? Elle n’oserait tout de même pas venir ici pour attaquer une caravane de marchand ? J’avais donné des instructions très claires. Si jamais ces imbéciles découvraient un membre de ma tribu en train de commettre un vol ou un meurtre, ça ne pourrait que nuire à mes plans. *

Roi des voleurs, roi sans couronne, c’est ainsi qu’ils me nommaient dans leurs demeures misérables, remplis de colifichets et de breloques brillantes. Des noms que je voulais voir disparaître, mais qui pour cela nécessitait que l’on obéisse à mes ordres.

« Halte-là fille du désert ! »

Émergeant alors du couvert des arbres bordant le cours d’eau, ce fut au pas que j’approchais cette jeune fille, la scrutant d’un regard perçant.

« Tu sais qui je suis, n’est-ce pas ? Alors dis-moi, que viens-tu faire en ces lieux ? C’est bien loin de chez nous. »


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MessageSujet: Re: Un moment de répit ou... pas...   Sam 2 Fév - 18:30

Cette présence, je ne l'avais pas rêvée. Désormais, ce n'était plus seulement mon instinct qui me dictait que j'avais de la compagnie, mais le bruit très concret de sabots se rapprochant de ma position. Je regardais derrière moi, pour ne rien percevoir. Mes sourcils se froncèrent un moment, et ma main ferme vint se poser sur le manche de mon sabre. Néanmoins... une étrange sensation me vint. Familière. Mais... indiscernable. Je savais que ces sabots n'amenaient pas un inconnu, mais j'ignorais de qui il pouvait bien s'agir... Jusqu'à... ce que... Sortant des végétaux....

Une silhouette. Perchée sur un destrier plus imposant que Djiark, qui eut un mouvement de recul faible, mais perceptible. Peut-être venait-il de reconnaître son souverain, ou son sixième sens lui dictait tout simplement de se mettre en position de soumission, immédiatement...

Me concernant, je sentis mon esprit se déconnecter de la réalité de mon environnement. Durant un instant, je fus incapable de penser, d'agir.
Mes yeux rougeoyant n'exprimaient que fascination, et ma bouche légèrement entrouverte trahissait une stupeur que j'aurais préféré ne pas montrer.

Et, alors qu'Il descendait de sa noble monture, mes palpitations cardiaques entreprirent un rythme plus soutenu. Ma main abandonna d'elle-même mon arme. Puis, alors que la voix de notre Seigneur retentit dans un ordre autoritaire, je me courbais en une bien humble salutation, un genou à terre. Les yeux rivés sur le sol, inaptes à admirer les yeux perçants qui étaient fixés sur ma personne.

« Tu sais qui je suis, n’est-ce pas ? Alors dis-moi, que viens-tu faire en ces lieux ? C’est bien loin de chez nous. »

A cet instant, ma main, fermée en un poing, posée contre mon coeur, se crispa. J'eus fortement envie de relever la tête, mais eus trop peur de lui manquer de respect. Alors je me muais en un silence bien court, puis, les yeux toujours fixés sur l'éclat verdoyant des plaines hyliennes, je le saluai avec un respect dont il était le seul ayant-droit.

Mon Seigneur...

Ma gorge était nouée. Je n'avais pas souvenir d'avoir ressenti autant d'anxiété. Cependant, ma dévotion pour mon souverain m'empêchait de rester dans cette position soumise. Après tout, seuls les faibles liés au Roi d'Hyrule se mettaient à genou, et attendaient sa bénédiction avec passivité. Notre Roi, lui, favorisait l'action. Il favorisait la bravoure. Le courage. Aussi, je jugeai mon attitude stupide et incorrecte, et entrepris de bien vite de la changer.

Je me remis donc droite, fière, les mains jointes derrière mon dos, signe de non-agressivité et d'écoute. Puis, nos yeux Gerudos se croisèrent enfin. Ce contact eut comme conséquence de me ramener une dizaine d'années en arrière, et mon échine se contracta d'elle-même. A nouveau, je me sentis touchée par l'aura dominatrice et divine du Seigneur du Malin. J'esquissai un sourire, sans le vouloir. Un sourire de pure joie. Celle de pouvoir admirer de mes propres yeux celui que j'assimilais à un Dieu humain.

Consciente qu'un autre moment de silence venait de passer, et qu'une question m'avait été posée, j'affichai une mine désolée de ma présence osée en ces terres proscrites, puis je donnai réponse :

Je suis ici dans un but totalement personnel, Mon Seigneur. J'ai décidé de quitter le confort de notre foyer pour gagner en force.

Sortir ces paroles me coûta un effort surhumain. Je m'ouvrais au Roi sans Couronne, au grand meneur des voleuses du désert. Je m'ouvrais donc aux critiques, qui ne m'atteignaient guère. Sauf lorsqu'elles émanaient de la personne que j'estimais le plus au monde. Et qui se trouvait être l'homme devant moi.

J'ignorais quelle pourrait être sa réaction à ces propos. Mais une chose était sûre, je les assumerai, jusqu'au bout.


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Élu des Déesses
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Élu des Déesses
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MessageSujet: Re: Un moment de répit ou... pas...   Lun 4 Fév - 16:38

Mandrag Ganon, c’est ainsi qu’elles me nommaient, les filles du déserts, les élus de Din. Tous les cents ans un homme naissait dans cette tribu guerrière constitué exclusivement de femme, un homme destiné à devenir leur roi.

*Un seul roi pour un seul peuple.*

A leur tête, j’avais fait trembler jusqu’aux fondations du royaume d’Hyrule lors des guerres d’unifications. Dans ces batailles ma seule erreur fut de m’associer au peuple des Twilis, faibles et idiots osant se lever contre des forces divines armés de leurs seules convictions.

*Le droit d’etre un dieu, le droit de régner, seuls les élus des dieux ont ce droit.*

Découvrant à cette époque l’existence de la Triforce et surtout de l’ocarina du temps, il m’apparut évident que le meilleur moyen de les obtenir était d’endormir la méfiance de la famille royale pour le moment venu leur dérober ce précieux instrument.

*L’armée Gerudo changea de camp, la victoire également.*

Ainsi après une rapide succession de victoire écrasantes, les Twilis furent brisés et bannis à jamais hors des frontières de ce monde, et quand à moi je dû signer un pathétique traité de paix sans la moindre valeur, tout ça dans le but de me rapprocher de mon objectif ultime.

*Tant de préparations, de complots et de mensonges. Bientôt j’obtiendrais le fruit de mon labeur, bientôt je deviendrais le dieu d’un nouveau monde, un monde à mon image.*

Encore pour cela fallait-il que tout se déroule comme je l’avais prévu, et l’arrivée impromptue d’une fille du désert sur les terres du roi de pacotille ne l’était aucunement.

Si elle savait montrer instinctivement le respect et la déférence demandée par un roi à son peuple, il me restait à savoir ses objectifs.

Alors qu’elle semblait totalement chamboulée par ma seule présence, le dilemme l’occupant sembla finalement trouver sa conclusion, la bonne conclusion.

« Oui, relève toi fille du désert, je n’ai que faire d’un chien à mes côtés. Seuls les forts méritent de me suivre, et les forts restent debout. Du courage, de l’honneur, un cœur vaillant, une fidélité inaliénable, je ne demande rien de plus. »

*Car même le plus faible des pions peut devenir tellement plus s’il parvient à traverser l’échiquier.*

Lâchant la bride de Barad-Dûr, ce fut d’un mouvement rapide et maitrisé que je fis passer ma jambe par-dessus son dos pour me retrouver à terre.

Devant moi, à quelques mètres, se trouvait à présent cette jeune fille debout et les mains dans le dos. Sa dévotion et sa fascination envers moi lui noyaient les yeux.

*Rare sont ceux suffisamment fort dans leur cœur pour me suivre aussi enthousiaste sur un chemin où le monde entier deviendra bientôt notre ennemi.*

M’avançant lentement, pas à pas, je pouvais maintenant la détailler d’avantage alors que je me rapprochais d’elle. Indéniablement elle faisait partie de mon peuple, ses oreilles et ses yeux en étaient des preuves immanquables pour un œil aiguisé. Cependant son teint et la couleur de ses cheveux étaient quant à eux beaucoup plus inhabituels.

« Devenir plus forte hein ? »

M’arrêtant à un mètre d’elle, je devais baisser la tête pour continuer à conserver le lien unissant nos regard tant nos tailles étaient différentes.

*Il doit te falloir énormément de courage pour me regarder dans les yeux de cette manière petite fille du désert. Du courage, de l’honneur, de la fidélité, un cœur vaillant. Si seulement tu avais la force en plus de ça.*

Un large sourire amusé illumina mon visage alors que je croisai les bras.

« Intéressant. Il est hélas trop rare de voir des personnes ayant quitté leur confort et leurs habitudes pour tenter de réveiller ce qui en eux pratiquement jamais ne se réveille. Fille du désert, ton idée me plait, cependant je ne peux te laisser simplement partir avec ma bénédiction. Hors du désert, le monde est faux, la force ne veut plus rien dire et pour eux, elle doit être contrôlée, maîtrisée, enchaînée par la faiblesse. Tu dis vouloir devenir plus forte mais eux ne te laisseront pas faire car ta force les effraie. Fille du désert, le monde hors du désert n’est pas fait pour nous, mais cela va changer, très bientôt cela changera. A présent écoute-moi bien. Ton esprit et tes actes me plaisent, je perçois en toi la volonté du feu de Din, ce feu peut te pousser jusqu’à l’excellence, mais encore te faut-il un maître, un guide pour t’enseigner ce que tes sœurs ne t’on pas apprit. Fille du désert, là, tout de suite, je t’offre la chance de montrer à ton suzerain ta valeur. Dégaine ton épée, et frappe moi, du moins essaie de me frapper. »

D’amusé, le sourire devint carnassier, l’excitation du combat embrasait mon corps d’un feu invincible, un feu qui faisait des Gerudos les plus grands guerriers ayant jamais foulé cette terre.

« Ne retiens pas tes coups, donne ton maximum, frappe avec l’intention de tuer. Seuls les fauves invincibles sont dignes de faire partie de ma garde rapprochée. »

Une révélation alléchante en guise d’émulation supplémentaire. Qu’importe le résultat de cet affrontement, au pire j’aurai passé mes nerfs sur quelque chose, au mieux j’aurai trouvé une nouvelle recrue à ma force de combat la plus meurtrière.


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MessageSujet: Re: Un moment de répit ou... pas...   Ven 8 Fév - 20:41

Une brise doucereuse venait faire contracter mon épiderme, tandis que mes cheveux virevoltaient calmement au rythme de ce vent léger. Mes mains jointes dans mon dos devenaient quelque peu moites, suite à cette invasion de sensations que me procurait la présence du Roi des Gerudos.

J'eus beau tenter de ne rien démontrer de mon état, mon corps me trahissait. Mes yeux pétillaient sûrement de loyauté, tandis que mes muscles tremblotaient d'excitation. Ma bouche devait être fermée en un pli nerveux alors que j'écoutais parler Ganondorf. Ou plutôt, je buvais ses mots. Je les faisais miens et me voyait fascinée par l'opinion qu'il avait. J'approuvais ses dires, notamment lorsqu'il évoqua l'oisiveté hylienne... et son envie de contrôler la force.

Cependant, malgré mon attention optimale alors à un mètre du détenteur de la Triforce, mon esprit, quant à lui, dans une volonté bien indépendante, vaquait dans le passé par intermittence.

Dix ans. Voilà dix ans que je rêvais de ce moment. Dix ans que je m'entraînais durement dans l'espérance de voir ce jour arriver. Et, alors au tout début de ma quête, je voyais mes bien faibles espoirs devenir une réalité tangible. Une réalité qui me faisait face.
J'eus une pensée pour ma génitrice… Si elle me voyait… que dirait-elle ? Serait-elle fière ? Très probablement. Voir sa fille; celle dont la faiblesse initiale lui valut l'exil, celle qui était toujours un peu derrière les autres, moins performante, moins puissante, moins agile; devant le Seigneur du peuple de Voleurs…Et qui se voyait offrir l'immense privilège de pouvoir démontrer sa force par le Roi lui-même…

Cela relevait de la bénédiction. Purement. Je ne pouvais encore mesurer ma chance, mais je comptais bien la saisir.

Aussi, alors qu'Il me jaugeait de toute sa grandeur, j'acquiesçai à sa demande et sortis ma lame de son fourreau d'un geste vif.

« Ne retiens pas tes coups, donne ton maximum, frappe avec l’intention de tuer. Seuls les fauves invincibles sont dignes de faire partie de ma garde rapprochée. »

Tel avait été son vœu. Il me tardait de l'exaucer. Car, de mon côté, je voulais aussi prendre conscience de la suprématie du Roi des Voleurs. Rien que pour voir où moi-même j'en étais, par rapport à son pouvoir. Même si je savais que j'étais bien loin derrière, l'écart de puissance entre Lui et moi m'intéressait vraiment.

Ce fut dans cet intérêt et évidemment par obéissance pure que j'entrepris de monter sur le dos de Djark, encore tétanisé de la présence de Barâd-Dur, en comptant sur l'explosivité de mes biceps et triceps. Une fois installée, j'offris au Seigneur du Malin un regard concentré.

Bien. Il me défiait dans un affrontement équestre, sur un terrain vague, irrégulier. Je n'avais pas de carquois de flèches ni d'arc. Ma seule possession capable de l'atteindre à distance était mon poignard que je gardais dans un fourreau contre ma cuisse gauche. Aussi, je n'avais d'autres choix. Pour que mes coups arrivent à lui, je me devais de me rapprocher.

Tapant de ma malléole sur le flanc de Djark, pour le mettre en mouvement, j'élevais mon épée, prête à pourfendre l'air. Mon autre main donnait la direction à ma monture pour qu'elle contourne Ganondorf et son destrier, à environ trois mètres d'eux, afin de ne pas attaquer frontalement. Car je savais qu'il me parerait ridiculement et ne je ne ferais que de nous mettre en danger par un tel plan. Aussi, il me fallait trouver, durant un très bref instant, un angle mort. Je devais profiter du moment où le Roi Gerudo devrait manoeuvrer Barâd-Dur pour m'avoir dans son champ de vision pour l'attaquer.

Cependant, directement y aller avec cette stratégie serait stupide, quelque part, en me voyant partir hors de sa visibilité, le manitou Gerudo devait sûrement s'attendre à cela. Et devait donc être prêt à encaisser, et donc contrattaquer. Il me fallait faire diversion. D'abord. Déstabiliser l'ennemi, même si je doutais que ce fût tache possible.

Et, alors que Djark commençait à entamer un trot de plus en plus rapide, je réfléchissais. Mon regard se détacha de Ganondorf pour se porter vers mon environnement. J'aperçus, quelques mètres derrière mon adversaire, un coin où la verdure n'agressait pas les yeux. Un coin où la terre était aride, sèche, où de brèves cultures avaient dû être faites il y a quelques temps. J'esquissai alors un sourire, et, subitement, interrompit la répétitive course circulaire de Djark, et le fit foncer vers le Seigneur des Ténèbres. Ma lame toujours en l'air.

Le coup allait être paré, c'était certain, mais la réussite de cette attaque m'importait peu. Tout ce que je souhaitais, était d'atteindre ce coin de terre.
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Élu des Déesses
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MessageSujet: Re: Un moment de répit ou... pas...   Sam 9 Fév - 21:48

Ainsi le couché de soleil allait me voir étudier les possibilités de cette intéressante fille du désert. Etait-ce le hasard où le destin qui avait fait se croiser nos routes ? Quel serait le sens que nous choisirions de donner à cette rencontre ? Seul l’avenir le dirait.

*L’ancien monde brûlera dans les flammes du renouveau, je mènerai la machine de guerre avec la poigne de fer d’une armée invincible, une armée devant laquelle le monde entier tremblera.*

Oui, une armée sans égale dans toute la création. Une armée d’un genre que ce monde tranquille ne pourrait même pas imaginer avec à sa tête un dieu incarné.

*Je n’aurai qu’à me donner la peine de prendre ce monde, ce monde devenu fou, ce monde décadent.*

Le feu, l’acier, la guerre seront mes compagnons et avec eux j’instaurerais un nouvel ordre, un empire qui perdurera pendant des millénaires, il sera éternel et invincible, car le plus fort régnera sans partage, à jamais.

*Oui. Nous avons suffisamment attendu. Il ne me manque plus que les trois pierres et l’ocarina du temps, et enfin le royaume sacré et la Triforce seront miens.*

Devant moi, un pion évident, et peut-être plus que ça. Le pion avait en lui une force mésestimée, une force qu’il était idiot d’ignorer, il fallait parfois si peu de chose pour faire pencher la balance du bon côté.

« J’aime ton regard, fille du désert. Je vois que tu as pris ta décision, alors montre-moi d’abord ce que tu sais faire avec ton destrier. Montre-moi les liens qui vous unissent lui et toi. »

Me retournant dans un bruissement de tissu, c’est d’un bond puissant que j’enfourchais à nouveau Barad-Dûr alors que mon adversaire quand à elle se hissait agilement sur le dos de sa monture visiblement impressionné. Etait-ce son sixième sens qui lui indiquait le pouvoir qui était le mien, ou bien la simple vision de Barad-Dûr bien plus massif qui l'effrayait, je n’aurais su le dire avec exactitude.

« Pour cette épreuve, soit libre d’user de toutes les méthodes que tu jugeras bonnes, n’omet aucunes ressources, aucunes possibilités. Le guerrier habile ne combat jamais seul, un monde entier l'accompagne et c’est avec cette aide qu’il terrasse son adversaire, sans pitié, sans hésitation, sans remords. »

Tirant sur la bride ouvragée du seigneur des chevaux du désert, c’est avec un hennissement d’approbation que Barad-Dûr commença son petit trot pour s’éloigner du couvert des arbres et de la fraîcheur du ruisseau pour se diriger vers l’immense plaine.

*Il me faudrait un faucon pour y chasser le lièvre, d’autant que ses yeux me seraient précieux en ces lieux.*

Le vent dans les cheveux, dans la lumière déclinante de la fin du jour, je stoppai l’élan du vent noir du désert au milieu de nul part, dans l’attente de l’offensive de mon sujet d’étude.

*Nulle magie, nul arcane, nulle arme. Rien que moi et Barad-Dûr contre toi, petite fille. Ne me déçoit pas.*

Sur un souffle de vent balayant la lande fertile, le combat commença sans un mot de notre part, l’instant était désormais sacré, solennel, pour nous gens du désert, l’art du combat était une part fondamental de notre culture, et c’est aujourd’hui tel un rite que nous allions livrer bataille.

La lame au clair, cette jeune fille dirigeait habilement son destrier dans une bataille qui serait surement la plus grande de toute sa vie, une bataille qui pourrait bien changer son destin à jamais.

De mon côté, tous mes sens étaient en alerte, le regard sur le moindre détail de mon adversaire, les oreilles focalisées sur le son que produisait son cheval, l’odeur de la terre que nos montures soulevaient à chaque pas.

La différence entre nos forces était démentielle, et elle devait le savoir, pourtant elle s’était lancée sans hésitation dans le combat et à présent tout son esprit semblait focalisé dessus.

J’étais plus grand, plus fort, mon bras était plus long, mon allonge également, Barad-Dûr dominait tous ceux de son espèce sur le plan de la puissance et de la vitesse, il ne restait à mon adversaire que la vitesse de son frêle petit corps et la dextérité de son bras pour partir à l’assaut de la force fait homme.

*Trop loin pour me frapper de son arme, même pas deux mètres de portée, mon bras pourra la toucher lorsqu’elle le pourra de sa lame. Son bras, son bras sera ma cible.*

Me contourner, elle tentait de sortir de mon champ de vision en me contournant par la droite, une méthode qui aurait pu etre utile si le bruit de nos montures n’interdisait pas toute discrétion.

*Qu’importe, c’est une grave erreur que de perdre son ennemi du regard.*

Tandis qu’elle me passait sur le côté, tournant de gauche à droite, je partais de mon côté à grand galop à sa poursuite.

Derrière moi, un trou dans la verdure, devant moi, la charge de mon adversaire.

Un sourire carnassier aux lèvres, ce fut dans un hennissement de défis que Barad-Dûr s'élança à pleine vitesse à la rencontre de cette jeune fille pleine de fougue. Bientôt l’acier chanterait, mais où frapperait-il ? A la tête pour un unique coup mortel, au torse pour tenter de percer mon armure, ou ailleurs ?

*De taille ou d’estoc ? Frappe petite fille, frappe sans hésitation.*


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MessageSujet: Re: Un moment de répit ou... pas...   Sam 16 Fév - 11:35

Le hennissement puissant, pénétrant de Barâd-Dur sonna le début de l'affrontement physique qui se faisait entre le Roi des Voleurs et un de ces modestes sujets. Je sentis les muscles de Djark se raidirent à l'entente du son du destrier ténébreux, et mon coeur monter dans les pulsations alors que je m'approchais inexorablement de mon adversaire.

Ma main raffermit sa poigne qu'elle avait sur le manche de mon sabre, tandis que je sentis une goutte de transpiration descendre le long de ma tempe. Éphémère, elle fut rapidement balayée par le vent que mon déplacement brassait. Mais mon appréhension était quant à elle toujours présente, au fur et à mesure que Ganondorf se rapprochait de moi.

Je n'avais pas peur de finir blessée, ou voire de mourir. Non. Seulement peur de montrer une médiocrité dans ce combat qui humilierait les valeurs de notre culture de guerriers. Pas que je doutais de mes capacités. J'avais mené de nombreux raids à la victoire Gerudo. Mais tout cela, c'était face à des mercenaires. Des gens payés par des commerçants pour leur sécurité. Or, là, un regard analytique posé sur moi, se trouvait un des hommes les plus puissants du Royaume. Il n'était tout bonnement pas comparable à mes adversaires précédents, aussi, je ne pouvais me rassurer via mes combats antécédents.

Il me fallait donner le maximum. Sans conditions. Et peu importait si cela me mènerait à l'épuisement mortel. L'important, était de ne pas tacher la fierté du peuple du Désert de faiblesse.

5 mètres.

Le prince était désormais à cette distance. Le galop de nos chevaux respectifs résonnaient presque à l'unisson. La distance se réduisait exponentiellement et...

Alors à seulement 2 mètres de Lui, je changeai la position d'attaque de mon sabre. Ma lame autrefois levée sur le côté droite, rigide, tendue, passa soudainement à gauche et je m'apprêtai à frapper d'un revers, latéralement. Ma visée se portait sur le flanc, bien que ma marge de manoeuvre était réduite. Vu la vitesse supérieure de Barâd-Dur, et les réflexes bien mieux entraînés de Ganondorf, je n'avais même pas une seconde de réaction.

Et, alors que Djark dévia sa trajectoire pour ne pas s'encastrer contre son ennemi animal, je profitai du très bref moment où je passai à hauteur de mon Roi, pour allonger mon bras et pourfendre l'air, frappant de toute la vivacité et la force que mes muscles me permettaient d'avoir.




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MessageSujet: Re: Un moment de répit ou... pas...   Dim 17 Fév - 18:44

Elle approchait, montée sur son propre étalon, la jeune fille du désert approchait. La crainte pouvait se lire dans ces yeux, mais ce n’était pas de moi qu’elle avait peur. Non, je devinais une crainte bien plus louable, la crainte de manquer l’occasion unique que je lui avais présentée, la crainte de perdre tout crédit à mon regard et toute fierté par la suite.

*La mort préférable au déshonneur. Admirable chez une femme.*

Une goutte de sueur perla alors sur son front pale avant d’etre soufflée par le vent s’engouffrant sur notre affrontement. Dans sa situation, dans celle où je l’avais placée, elle devrait tout donner où disparaitre, car telle était ma volonté.

*La pression, tout peut changer avec la pression. Certain s’épanouissent à ses côtés alors que d’autre s’effondrent. De quel côté es-tu fille du désert ? Du côté de ceux qui se font emporter, ou de celui de ceux qui mènent leur propre destin ?*

J’allais rapidement le savoir alors que secondes après secondes la distance nous séparant disparaissait comme neige au soleil.

*De quel côté frappera-t-elle ?*

Son bras tendu semblait indiquer une frappe de droite à gauche, et la hauteur de son bras semblait lui indiquer une frappe d’estoc, cependant, on m’avait appris il y a bien longtemps à ne jamais rien estimer d’aussi trompeur que la nature et la direction d’un coup lors d’un combat. S’attendre à cela, c’était prendre le risque d’être surpris et donc de subir le coup.

*Il viendra bien assez tôt.*

Et je n’aurai pas pu être plus près de la vérité. D’un geste habile et fulgurant, la jeune fille du désert lâcha alors son arme qui comme au ralentie tomba dans sa main gauche qui lui fit décrire un arc de cercle à hauteur de mon flanc. Un coup parfaitement exécuté face auquel je n’avais aucune parade possible. Me baisser aurait été inutile vu la hauteur et esquiver aurai été trop contraignant pour la suite. Je ne pouvais donc que contre-attaquer avant que cette lame ne vienne mordre mon armure.

*Prudence, son bras est court, mais rapide, je dois frapper là où j’ai l’avantage et je dois frapper rapidement.*

Dégageant alors mon pied gauche de son étrier, je n’eus alors que l’espace d’une fraction de seconde pour l’envoyer frapper le poignet de mon adversaire et ainsi dévier son coup avant que la lame ne puisse m’atteindre.

Ainsi déviée vers le haut, une inclinaison arrière de mon bassin me faisant pratiquement m’allonger sur Barâd-Dur me permis de passer sous la lame étincelante dont j’eus alors l’occasion d’admirer le tranchant.

La jambe gauche encore à la verticale et toujours allongé sur la croupe de mon cheval, c’est de la main gauche que je profitais du fait que nos deux montures se touchaient pratiquement alors qu’elles passaient l’une contre l’autre pour porter une unique et légère frappe au ventre de mon adversaire alors que nos montures poursuivaient leurs chemins diamétralement opposés. Ainsi son premier assaut n’avait rencontré que du vent, mais je savais qu’elle ne s’arrêterait pas là, et alors que je me redressais sur mon cheval, je repris alors ses rênes pour l’entraîner à la suite de cette fille du désert.

« Eh bien jeune fille ? C’est tout ce que tu as à me montrer ? »

La pression, ça pouvait tout changer.


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MessageSujet: Re: Un moment de répit ou... pas...   Dim 17 Fév - 21:34

Ma lame pourfendit l'air. Mon coeur tambourinait contre ma poitrine. Mes yeux fixés avec une concentration absolue sur Ganondorf se refusaient de cligner. Et, alors que je portais mon coup, avec toute la puissance dont je disposais, et que je m'attendais à sentir la résistance de sa cuirasse se heurter contre ma lame, un vide incroyable se fit, me faisant presque perdre l'équilibre. Ne m'attendant décidément pas à cela.

Le Roi des Voleurs n'avait pas paré mon coup comme je m'y étais attendu en faisant entrechoquer nos lames ou par une habile saisie de mon poignet. Non, il l'avait littéralement esquivé. D'une souplesse légendaire. Et il profita de mon instant de stupeur totale pour m'atteindre au ventre, partie de mon corps dépourvue d'armure, selon la tradition Gerudo. La douleur ne vint qu'après le coup, tant ma perplexité et mon adrénaline l'empêchaient de se manifester immédiatement. Mais je sentis nettement un mince filet de sang dégouliner de mon flanc. Serrant les dents, je plantais mon sabre dans le fourreau de mon destrier afin d'avoir les mains libres. Puis, alors que les sabots de Djark allaient bientôt empiéter sur l’ilot de terre aride, je me laissai tomber de la monture sur le côté.

Toutefois, au dernier instant, je me rattrapai avec le harnais latéral de mon cheval, et profitais de ma proximité avec la terre pour en récolter un échantillon, que je tins fermement dans la main. Refusant de le laisser partir, représentant ma seule et unique façon de pouvoir porter atteinte au corps de mon Roi.

Me hissant à nouveau sur Djark, je ressortis mon sabre de son fourreau et poursuivais le galop, alors que j'entendis sa voix résonner, derrière moi.

« Eh bien jeune fille ? C’est tout ce que tu as à me montrer ? »

Un rictus de mécontentement déforma mes traits temporairement. Dans ma tête, un seul mot venait, et revenait, tel un écho.

Faiblesse.

C'était tout ce que j'avais été capable de lui montrer, pour l'instant. Et je me refusai de voir le combat se poursuivre sur cette note. Aussi, alors que j'ignorais totalement la distance qui séparait Barâd-Dur de Djark, j'osais stopper net mon destrier.

J'osais l'audace.

Retournant rapidement mon étalon, tandis que la masse supérieure du cavalier du Désert fonçait sur nous, j'allai à nouveau à leur encontre, le regard cette fois moins craintif. Et bien plus déterminé.

Et, alors que la distance n'égalait même pas les 5 mètres, je broyais la terre se trouvant dans ma main. La transformant en frêles poussières.

Puis, tandis qu'un nouvel assaut était imminent, je mis la main contenant la poussière devant mon visage et l'éparpilla de tout le souffle que pouvaient contenir mes poumons. Aidée par le climat, le vent glacial soufflant dans mon dos, un léger nuage de cette poussière se forma. Et alla certainement titiller les sens de Barâd-Dur, ainsi que ceux de son cavalier.

L'instant parfait pour moi, alors que je passais tout près d'eux, d'à nouveau, tenter la folie pure.

Je m'accroupis furtivement, et utilisai la détente de mes ischios pour sauter d'un bond sur Ganondorf. Dans l'espoir de l'amener au sol, afin de poursuivre le combat sur un terrain que je maîtrisais déjà mieux.

Mais, alors en plein vol, je réalisai qu'il suffirait que la poussière se soit mal infiltrée pour que je me retrouve en fâcheuse position. Il ne faudrait qu'une demi-seconde, voire moins, au Roi Gerudo pour réagir. Qu'une demi-seconde pour me saisir au cou et m'immobiliser, ou bien m'achever. Ou encore, me perforer la cage thoracique de sa lame, bien que j'aie la mienne en position décisive, prête à tenter de parer toute attaque...

Mais je savais que les risques étaient importants. Et j'en avais à vrai dire cure.

C'était soit tout, soit rien.







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MessageSujet: Re: Un moment de répit ou... pas...   Lun 18 Fév - 16:32

Ma frappe avait apparemment été bien plus puissante que ce que j’aurai crus au premier abord, sans doute l’absence d’armure de la jeune fille combinée à l’adrénaline du combat avaient rendues ma frappe bien plus meurtrière que je ne l’avais envisagé. A présent un mince filet de sang s’écoulait du flanc de la fille du désert tandis qu’elle s’avançait toujours à cheval vers le terrain meuble se trouvant devant elle.

Que comptait-elle faire là-bas ? Comptait-elle sur la différence de poids entre nous pour y gagner un avantage certain ? Comptait-elle y combattre ? M’y attirer ? J’allais rapidement être fixé.

Contre toute attente, d’une série de geste parfaitement maîtrisé elle se laissa tomber sur le côté et grappilla au passage une poignée de terre qu’elle conserva avant de s’élancer de nouveau à ma rencontre.

*Je vois. Très malin. Mais qui sera donc ta cible. Moi ou mon cheval ?*

J’avais encore très peu de temps. Le vent, il me fallait trouver rapidement le sens du vent et me placer en conséquence.

*De face.*

L’angle d’approche était à présent trouvé, il ne restait plus qu’à agir avec dextérité.

Un par un les mètres entre elle et moi disparaissaient, à présent le vent dans son dos devenait son plus précieux allié et le précieux chargement dans sa main demeurait sa meilleure chance, une chance de porter un coup fatal.

Et c’est alors que je fus surpris par le geste imprévu de mon adversaire qui bien loin de profiter de l’allonge qu’aurait pu lui conférer son bras, se contenta de souffler son chargement poussiéreux à mon encontre, perdant ainsi de précieuse secondes durant lesquels le ridicule petit nuage se dissipa en parcourant la distance nous séparant.

« Erreur grossière jeune fille, tu aurais dut me lancer ta poignée de terre au visage, tu y auras gagné en rapidité et en efficacité. Qu’est-ce que ton nuage quasi dissipé peut bien me faire à présent ?! »

J’avais pour ma part prévus de placer au bon moment Barâd-Dur sur le côté en tirant sa bride de manière à lui éviter une projection néfaste dans les yeux, mais à présent cela ne s’avérait même plus nécessaire, le puissant souffle de mon destrier suffirait bien à balayer les quelques restes éparts de l’assaut mort-né de mon adversaire.

Balayant d’un revers de main les éléments terrestres qui se dirigeaient vers moi, je vis alors avec surprise la jeune fille du désert bondir sur moi de toute la vitesse que lui prodiguaient ses petites jambes, profitant ainsi de l’ouverture qu’elle avait provoqué dans ma garde avec l’usage de son assaut en apparence inutile.

*Une diversion… Intéressant.*

A la charge héroïque de la jeune fille du désert, je comptais opposer la puissance sans égale qui était la mienne, mais quelque chose d’imprévu se produisit alors dans la course d’ordinaire imperturbable de mon destrier. Fusse une poussière qui s’infiltra dans ses yeux ? Un élément inconnu qui lui blessa les jambes, un insecte qui le piqua à cet instant, je n’aurai su le dire. Mais au moment où mon adversaire semblait comme en suspend à seulement quelques dizaines de centimètres devant moi, Barad-Dûr s’éleva sur ses deux pattes arrière en hennissant de mécontentement. Son cou musclé vint alors percuter la jeune fille tout en la projetant sur moi bien avant que je n’eus le temps de la saisir efficacement. L’impact ajouté à la perte d’équilibre que cette ruade impromptue avait provoquée me firent tomber de ma selle à la renverse accompagnée de mon adversaire. Les pieds à présent libérés de leurs étriers, il ne me restait qu’une chose à faire si je ne voulais pas atterrir lourdement sur le dos à même le sol. J’envoyais donc rapidement mes jambes à ma rencontre pour réaliser ainsi une cabriole aérienne et ainsi à seulement quelques centimètres du sol, je pus récupérer une position stable me faisant atterrir accroupi, un poing et un genou à terre.

Devant moi Barad-Dûr poursuivait un moment ses ruades comme si une grande douleur le tenaillait alors qu’il secouait sa tête de droite et de gauche. C’était donc bien une poussière dans son œil qui l’avait mis dans cet état.

Et mon adversaire, où était-elle ?

Dans ma pirouette, je l’avais lâchée, me concentrant uniquement sur mes mouvements afin de rapidement retrouver une position stable qui me permettrait d’enchaîner rapidement sur le combat qui à présent se poursuivrait au sol.

Un bruit dans mon dos m’indiqua clairement qu’elle était toujours d’attaque et prête à remettre ça.

« Tu as osé me faire mettre un genou à terre et tu as blessé mon cheval. Tu vas me le payer cher. »

Si ma rage et ma colère n’étaient absolument pas feintes, mes mots eux n’avaient pour but que de la pousser dans ses derniers retranchements, de la mettre en face de la force faite homme déchaînée par la fureur, et d’étudier ainsi ses réactions.

Cette fois je n’attendis nullement sa réaction, j’avais eu plus que l’occasion d’étudier ses attaques et maintenant j’allais étudier sa défense. Bondissant alors sur elle, c’est un poing fulgurant et empli de la volonté de tuer que je lui lançai au visage, un coup mortel qu’elle devrait esquiver sous peine de voir notre affrontement se conclure de manière tragique.

*Surprends-moi encore petite fille.*


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MessageSujet: Re: Un moment de répit ou... pas...   Lun 18 Fév - 21:02

Le dénouement de mon attaque fut tout autant inattendu pour le Seigneur du Malin que pour moi-même...

Alors que je me retrouvais à terre, étalée sur le ventre, projetée dans ma chute commune avec le Roi Gerudo, Barâd-Dur s'éloignait, balayant sa tête de droite à gauche, comme grandement perturbé par un élément sur lequel il n'avait aucun contrôle, allant à la rencontre de Djark, qui fuit sa présence.

Je ne m'amusai pas à contempler, incrédule, le miracle qui venait de se produire plus longtemps. Car si je le faisais, je savais que ma veine serait de courte durée. Aussi, je profitai que Ganondorf venait à peine de toucher le sol, accroupi, pour me poster derrière lui.

Sa silhouette était devant moi. A une distance relativement courte. Quasiment à portée de coups. Ma lame toujours fermement serrée dans mes mains, je respirais le plus calmement possible. La douleur de mon flanc, devenu légèrement bleuté par un hématome, s'atténua. Le sang cessa de couler. Je reprenais le contrôle de mes émotions, et voyais mon adrénaline quelque peu s'amoindrir. Cela m'éviterait de commettre l'imprudence d'attaquer immédiatement le Prince. Car, sûrement avait-il repéré ma présence... et était pleinement prêt à riposter.

« Tu as osé me faire mettre un genou à terre et tu as blessé mon cheval. Tu vas me le payer cher. »

Cette... voix. Cette ... intonation. Elles auraient, combinées, sûrement réussi à apeurer n'importe quelle armée. D'ailleurs, je sentis très bien mon coeur à nouveau monter dans les pulsations de manière assez fulgurante. Mais je ne devais pas m'emballer. J'étais dans un contexte de face-à-face. Mon sang-froid me permettrait peut-être de survivre... Car.. Il avait l'avantage de... plus ou moins tout. La force, la rapidité, l'agilité, la dextérité, la capacité magique, l'esprit tactique, les réflexes... Cependant, je possédais quand même l'atout d'être armée.

Lui n'avait que les poings pour attaquer, son fidèle destrier étant plus loin, avec son épée, galamment plantée dans son fourreau.

Malheureusement, je ne pus me réconforter avec cette idée bien longtemps...

Un bruissement de cap, un poing qui s'armait... une impressionnante silhouette qui s'était rapprochée incroyablement vite de ma position, et dont j'avais mésestimé la rapidité d'action...

Je n'eus le temps de faire qu'une seule chose dans cette attaque frontale : esquiver. Mais pas esquiver proprement, de façon à ce que je fusse en mesure de répliquer.

Non. Du tout...

D'un mouvement totalement brusque, je déplaçai ma tête, qui était la cible de l'attaque. Le bas de mon corps ne suivit pas réellement, trop surpris pour permettre une bonne coordination. Je sentis un violent brassement d'air résonner dans mes tympancs, venant balayer quelques mèches rebelles que j'avais. Preuve irréfutable que si le coup m'avait atteinte... le combat aurait peut-être été rapidement clos.

Pensée qui eut l'effet de... me révolter. Purement.

Sans vraiment le remarquer, je faisais ce que je ne devais faire. Et peut-être ce que recherchait Ganondorf : je m'emballais. Je me voyais submergée par les émotions, et ce fut sans aucune réflexion que j'enchaînais immédiatement par des coups de revers du sabre.

Mes attaques furent cependant pitoyables. Quoi de plus normal, mon centre de gravité était trop haut, j'étais toujours en position d'instabilité à cause de l'esquive rapide et n'avais pas eu le temps de reprendre une pose de combattante digne de ce nom soit : légère comme le vent, mais les pieds toutefois ancrés dans le sol.

Or je frappais en étant quasiment tantôt sur les talons, tantôt sur la pointe des pieds, laissant ma férocité mener la danse. Ce fut donc sans surprise que je vis mes coups se faire parer facilement, malgré le fait que je frappais au sabre, et que mon ennemi se défendait à mains pratiquement nues.

Heureusement, avant que la lassitude de ces faibles attaques ne vînt saisir mon adversaire, j'entrepris de rompre la proximité entre mon Roi et moi. Prenant appui sur la force de mes quadriceps, j'utilisai toute ma détente pour gagner en hauteur et par la suite effectuer un salto arrière. De manière à me retrouver à nouveau, après la pirouette, en face du Maître incontesté du Désert.

Cela me procura une légère pause, me permettant de recouvrer un tantinet de clarté d'esprit...

Puis, inspirant pleinement, sans attendre d'initiative de la part de l'être que j’idolâtrais, je fonçai à nouveau. La lame rangée vers ma hanche, prêt à pourfendre une cuirasse paraissant intouchable. Vers la droite, vers la gauche, on ne pouvait deviner où se porterait mon coup. Moi-même l'ignorant. Attendant que l'opportunité de toucher se présenterait...

Ganondorf et moi étions désormais proches. Je resserrais mon étreinte sur le manche. Mes yeux s'agrandirent, comme animés par la folie guerrière. Et... dans l'éventualité où un poing me porterait atteinte, je mis ma main libre en position de garde... et, enfin, je daignais attaquer.

Je tentais une coupe en diagonale, visant son épaule droite, et espérant tracer un chemin jusqu'au côté gauche de sa hanche.

Préparant également par la même occasion mon corps à souffrir d'une riposte violente.

.
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MessageSujet: Re: Un moment de répit ou... pas...   Mar 19 Fév - 13:59

Ma frappe éclair avait visiblement totalement prise au dépourvu mon adversaire qui devait s’attendre à une absence de réaction de ma part. Dans un combat on ne pouvait ni ne devait anticiper sur le futur, seul le présent et l’immédiat comptaient, le reste n’était jamais que supposition.

Dans un réflexe salvateur, la jeune fille du désert eut tout juste le temps de décaler son visage hors de la trajectoire de mon poings qui, poursuivant son chemin, emmena avec lui une vraie bourrasque ébouriffant ses cheveux.

Ce fut à cet instant qu’elle dut réaliser la précarité de sa situation, un simple coup me suffirait amplement pour en finir avec cet entretiens et aussi cruel que cela pouvait paraître, je le ferai si je perdais intérêt à ce combat.

Alors poussé dans ses derniers retranchements, je vis alors une partie d’elle qu’elle avait tenté de garder secrète durant tout notre affrontement, je vis son instinct combatif. Pur, primitif, fondamental, non travaillé, tel un joyau brut il m’apparut avec ses immenses possibilités. Ses coups demeuraient faibles et lents, mais sa détermination et sa hargne face au plus terrible des adversaires montrait sans l’ombre d’un doute qu’avec le bon entrainement cela changerait.

*Oui, cela peut changer, si tu survis à ce combat.*

L’ingéniosité, la détermination, le courage, la loyauté, un cœur vaillant, des qualités que j’appréciais particulièrement et qui formaient l’apanage des vainqueurs une fois que l’on y associait la force. Elle possédait toutes ces qualités, toute excepté une.

Parant son sabre d’un revers de la main gauche, j’envoyais mon poings droit à la rencontre de son abdomen lorsqu’elle bondit en arrière avant de pivoter sur elle-même pour retomber gracieusement tout en me faisant face.

Faisant alors craquer mes poings, je voyais dans ses yeux son esprit tenter de reprendre le dessus, mais à présent tout allait bien trop vite, il faudrait qu’elle cesse de se ralentir elle-même en réfléchissant sans arrêt, il fallait qu’elle cesse de simplement réagir face à ces situations.

« Ne perd pas de temps en digression ! Nous sommes sur un champ de bataille ! Pas dans un thermes goron ! »

M’élançant alors de toute la puissance de mes jambes imposantes, en un rien de temps j’avais parcourus la distance nous séparant alors que de son côté elle aussi, animée d'un regard que j’appréciai, s’était élancée l’arme à la main.

Nous arrivions à présent dans ces instants où tout l’univers tout entier semblait se rétrécir à seulement l’adversaire. Tous nos sens et notre instinct focalisés sur lui, l’esprit tendu tel un prédateur, guettant la moindre opportunité pour attaquer. En de tels instants le temps ne comptait plus, et tout se réglait en une fraction de seconde. Mon poings s’en allait pour atteindre son flanc gauche déjà endommagé par mes précédents assauts alors que sa lame décrivais un arc de cercle devant frapper mon épaule droite.

Au final ni l’un ni l’autre ne parvinrent à toucher, choisissant la sécurité plutôt qu’un coup direct, je m’accroupissais de manière à interposer mon avant-bras à son poignet armé alors que mon bras gauche vint s’en saisir. Profitant de l’élan qu’elle s’était elle-même donné, je n’eus qu’à tirer sur elle pour lui faire quitter le sol avant de la projeter dans les airs tel une poupée de chiffon.

Surprise mais pas décontenancée, elle se remit rapidement en équilibre alors qu’elle arrivait au sommet de son vol improvisé et d'une série de geste expert, elle atterrie alors sur ses deux pieds.

« Ce n’est pas finis ! »

Elle me faisait à présent face alors que sautant haut dans les airs, je comptais retomber lourdement sur elle l’écrasant de ma botte.

Le coup était certes fatal, mais mon approche elle lui laissait une chance. Une chance qu’elle saisit au vol en se jetant habillement sur le côté tandis que suite à l’impact prodigieux de mon pied et du sol, je creusais dans la terre sèche un large cratère. Soulevant poussière et gravas suite à ma dernière attaque, ce fut dans un nuage sombre que je me relevais alors, l’entendant se lancer à nouveau sur moi l’arme à la main.

« Tu fais trop confiance à ton sabre. En focalisant ton potentiel offensif dans un seul de tes bras tu perds la moitié de ton efficacité. Le corps entier est une arme ! »

Retournant alors prestement la masse qui était la mienne, les pieds fermement ancrés sur le sol poussiéreux, c’est patiemment que j’attendis son coup arriver avant de saisir son bras armé de mon bras droit alors que de mon bras gauche j’y opposais un coup de paume fulgurant allant frapper sa cage thoracique, un coup à couper le souffle qu’elle amortit tant bien que mal de son bras libre avant d’être projetée en arrière et de retomber lourdement sur le sol.

J’avais encore une fois frappé modestement, mais je l’avais crus aussi lors de mon assaut précédent ayant pourtant laissé un grand hématome à mon adversaire. Quels étaient les dégâts cette fois ?

« Alors ? C’est tout ? Je ne fais que m’échauffer, je suis sans arme et sans magie, mes coups et ma vitesse sont dérisoires et pourtant tu ne parviens même pas à me toucher ? Je t’ai demandé de me montrer ce que tu savais faire, tu m’as montré, rien. Inutile de te relever, encore un coup de ma part, aussi faible soit-il et tu y resteras. Rentre chez toi petite fille, retourne à tes pillages de caravanes et tes chasses aux insectes, le monde extérieur n’est pas fait pour les faibles. »

Tournant alors les talons pour me diriger vers Barâd-Dur, je sentis alors derrière moi quelque chose de nouveau, quelque chose qui venait d’apparaître comme si mes dires l’avaient éveillé. Un sourire satisfait sur le visage, sans me retourner, je m’apprêtais alors à subir le dernier assaut de notre rencontre, un assaut qui déterminerait si oui ou non elle méritait finalement mon attention.


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